Panama –> Colombie : la traversée fantastique

Fantastique à plusieurs points de vue, autant des îles paradisiaques que du mal de mer … Une revue toute en photo …

Résumé de l’épisode précédent : Macc a été laissé au port pour se faire embarquer sur le cargo qui le mènera du Panama à la Colombie, car en effet il n’y a pas de route de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. Pour notre petit groupe, composé de 3 équipages (Françoise & Jacky, Roberto & Maria, et vos 5 serviteurs), nous avions 2 choix : billets d’avion à 500 $ par personne, ou transport en voilier durant 5 jours à 600 $. Vu que l’avion nous impose aussi hôtel et restaurant, le choix a été vite fait, j’ai nommé :

LE BLACK DRAGON FLY

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Joli voilier monocoque de 47 pieds (14 mètres) âgé d’une trentaine d’années, il bat un pavillon tout aussi norvégien que Jan, son propriétaire et capitaine. Aidé de Martina, coéquipière et cuisinière du bord, ils font régulièrement les liaisons Panama-Colombie pour faire visiter aux voyageurs de tous poils la région dite des San Blas, un archipel panaméen composé de plus ou moins 378 îles, dont seulement 49 sont habitées. Et quand je dis habitées, attention, il faut savoir qu’il n’y a que les Indiens Kunas qui vivent ici. Pour échapper aux conquistadors, cette tribu a en effet émigré sur ces îles un peu au large des côtes. Comme indiqué, la plupart de ces îles sont désertes et minuscules, ne comptant parfois qu’un banc de sable blanc au milieu duquel trône un palmier; pas besoin de vous dire que c’est le rêve des touristes de passage. De fait, il y a plusieurs voiliers qui font le même trajet que nous, mais tous ne se valent pas. Les histoires d’horreurs sont multiples, à propos de navires pourris ou de capitaines saouls qui vont planter leur coquille de noix sur les récifs; nous en verrons d’ailleurs plusieurs épaves en chemin.

Au programme de la croisière s’amuse : embarquement en fin de journée, nous faisons connaissance avec Jan et Martina, et le souper est servi (Chili con carne délicieux, merci Martina!).

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C’est au soleil couchant que nous levons les voiles pour quitter l’Amérique Centrale et nous diriger vers notre première île durant la nuit. Et là, "c’est le drame" : avec les vagues du large qui commencent à être bien formées, Maria attrape instantanément le mal de mer, et petit à petit tout le monde commence à être touché, à des degrés divers. Il faut dire qu’en pleine nuit, sans repères visuels, les mouvements de va-et-vient rendent impossible de rester dans notre couchette : le seul moyen de garder le contenu de notre estomac à sa place est de s’entasser sur le pont, ou l’air frais vient nous soulager un peu.

Bref, bilan première nuit : moyen. Mais notre objectif est là, nous sommes à l’île des Indiens Kunas, ou plutôt devrais-je dire un îlot qui ne fait au plus que 500 mètres de long.

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Les femmes, très reconnaissables grâce aux sortes de guêtres tressées qu’elles portent traditionnellement aux jambes, essayent de vendre quelques tissus, coquillages ou souvenir.

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Mais il faut bien se rendre à l’évidence : L’îlot est une sorte de poubelle, jonchée de vieux emballages jetés aux vagues, mais qui sont revenus s’échouer sur les rives. Les enfants crasseux passent devant nous les bras chargés de vieilles piles électriques, et s’amusent à les jeter à l’eau. Et comme les toilettes ne sont qu’un trou qui donne directement dans la mer, je suppose que la baignade est à déconseiller. J’aurai attendu un peu mieux d’une tribu vivant aussi isolée et aussi proche de la nature, mais c’est probablement l’évolution de leur mode de vie vers nos habitudes modernes (consommation, emballages, détritus, etc.) qui est le plus à blâmer.

 

 

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Nous remontons à bord avec des avis mitigés, et mettons le cap vers les prochaines îles.

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La suivante, encore plus petite, n’est occupée que par une seule grande famille, que les membres habitent à tour de rôle tous les 3 mois. Sans eau douce ni aucune plantation mise à part les cocotiers, ils sont complètement dépendants des arrivages par bateau. Le logement n’est qu’une cahute de roseau, et un panneau solaire de la taille d’un portefeuille constitue la seule source d’énergie, pour recharger le téléphone cellulaire d’urgence (quand il veut bien capter le signal)…

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Cette fois-ci, nous ne sommes plus ici pour visiter, mais pour nous relaxer, se baigner et plonger.

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Le snorkeling est particulièrement intéressant, car c’est la première fois que nous avons l’occasion de plonger sur des épaves; celles-ci sont proches et à fleur d’eau, et regorgent de vie marine.

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Les deux jours suivants se dérouleront de manière similaire, courte navigation puis arrêt sur des îlots blancs de plus en plus petits, et de plus en plus paradisiaques. Au programme, canoë, plongée, bronzage…

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Jules est enfin heureux, il peut avoir son île déserte pour lui tout seul, et Clément creuse ardemment dans le sable à la recherche des trésors de pirate – en fait, des pièces de menue monnaie que nous enterrons en cachette avant son passage.

— Clément, si tu lis cet article dans quelques années, pardonne-nous! Ce n’était que pour te divertir! —

Vu qu’une image vaut mille mots, je vous laisse comprendre l’ambiance avec les photos suivantes :

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Ce que les belles images ne disent pas, c’est qu’après les 3 jours de navigation dans les îles, nous reste le plus dur à faire : la grande portion d’océan située entre la dernière des îles et la ville de Cartagena, en Colombie. Les vagues sont rudes, la mer démontée, et mis à part le capitaine tout le monde se sent mal. La pauvre Maria passera ces 48 heures sur le pont dans un état limite comateux, au grand dam de Roberto. Pour nous autres, même sans vomir, la nausée reste présente, et impossible de rester cloîtrés dans les couchettes, il nous faut aussi rester jour et nuit sur le pont. De toute façon, les embruns qui balaient le pont s’infiltrent par les hublots et imprègnent les matelas, donc nous sommes mieux à l’extérieur. La météo est tellement mauvaise, que pour la première fois de sa carrière le capitaine est obligé de se dérouter de sa trajectoire habituelle pour nous mettre à l’abri plus près des côtes. Avec les 45 degrés d'angle, impossible pour Martina de cuisiner, mais pas grave: nos pauvre estomacs se contentent du service minimum. Même Françoise et Jacky, pourtant navigateurs aguerris, sont mal en point.

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Ce n’est que la dernière nuit, vers les 3 heures du matin, que le bateau a droit à un océan un peu plus clément : tout le monde s’effondre enfin dans le sommeil, entassé sur le pont.

Le lever du soleil survient alors que nous passons la limite du port de Cartagena, saluée à grands coups de corne de brume. Nous sommes tous vannés, mais touchés par un grand calme, heureux et avec une certaine émotion : L’Amérique du Sud!

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Nous mettons le pied à terre, et saluons notre capitaine avec les hommages qui lui reviennent; en tout temps, il a fait de son mieux pour notre sécurité, notre bien-être et notre confort – et il ne peut bien sûr pas être responsable de la météo.

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Quant à nous, nous sommes enfin arrivés en Colombie, un pays nouveau sur un continent nouveau. D’ailleurs les sous-marins clandestins que la Marine a confisqués aux narcotrafiquants et qui sont présentés sur le port nous rappellent que nous sommes désormais au pays réputé pour ses FARC, la cocaïne et Ingrid Betancourt. Ce pays sera-t-il fidèle à sa réputation ? Vous le découvrirez dans notre prochain article, mais seulement après que nous ayons réussi à sortir notre Macc du port de Cartagena – là aussi, toute une autre aventure…

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9 réflexions au sujet de « Panama –> Colombie : la traversée fantastique »

  1. Que d'aventures!!!Et que dire de ces îles paradisiaques…Quel paysage et quelle photo ça fait!!!

    Bonne route,Nicole et marcel

  2. Alors, mon cher David, je tiens de la bouche de collègues Mexicain et Colombien : "wow, he's tough, I would not have traveled by land in those countries".

    En passant, Juan Pablo, le Colombien, recommande de visiter : Medellin, Villavicencio, sa ville natale Pasto, et si les plages vous manquent tout le nord du pays est pour vous.

    Aussi, éviter à tout prix l'est du pays, ce sont les jungles où se tiennent les trafficants de drogues.

    Continue de mettre à jour ton blogue!

    Alex

    1. Salut Alex !
      Tu leur demandera quand est-ce la dernière fois que tes collègues sont allés en voiture « dans ces pays »… Om a constaté que la majorité de ceux qui disent que c’est dangereux n’y sont pas allés.. Mais pour la Colombie, dommage on est déjà ressortit: nous sommes actuellement au Peru ou on essaie de rattraper notre retard dans l’écriture du blog. Ca travaille dur ! D’ailleurs l’article sur la Colombie va bientôt sortir.Mais merci quand même ! Et bon courage pour tes travaux dans ta maison !

  3. Hello toute la jolie famille!!

    Si tu ne changes absolument pas Orlane, il n'en va pas de même de tes enfants!! Ce doit être les différents horizons, c'est bon pour la croissance et la jeunesse éternelle!! Heureuse de vous avoir vus!Tout est superbe, profitez ,profitez , profitez! Bisou

  4. Un petit coucou de la terre ferme! C'est magnifique et vos sourires en dient long! Revue photos, très agréable et pratique "au boutte" quand on pas trop de temps pour tout lire!mais continuez à écrire, c'est passionnant et ce sont un peu de mes vacances…!

    Un  gros bisou de mOntréal où la température n'a rien à envier avec celle que vous connaissez, je pense!

  5. Bonjour ! Bravo pour votre récit. J’aimerais savoir par quelle compagnie étés vous passé pour voguer du Panama a la Colombie ?

    1. Tu peux le contacter sur https://www.facebook.com/TheBlackDragonfly 

      Conseil, prendre les cachets anti-nausée avant le départ (meme pour les marins avertis), mais ca en vaut très largement la peine !

      David

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